Circulaire
n° 2000-56 du 26 juillet 2000
Déconcentration des décisions de
financement pour démolition et changement d'usage de logements locatifs sociaux
Textes sources :
- Articles L.
443-15-1 et R. 443-17, L. 443-11 du CCH ;
- Circulaire n°
98-96 du 22 octobre 1998 relative aux démolitions de logements locatifs sociaux à la
programmation des logements PLA construction-démolition et au changement d'usage de
logements sociaux
Textes modifiés :
circulaire n° 98-96 du 22 octobre 1998.
Le ministre
délégué à la ville et le secrétaire d'Etat au logement à Madame et Messieurs les
préfets de région (direction régionale de l'équipement [pour attribution]) ; Mesdames
et Messieurs les préfets de département (direction départementale de l'équipement :
direction générale de l'équipement, DIV ; direction générale de l'urbanisme, de
l'habitat et de la construction, SGGOU (pour attribution]) centre d'études techniques de
l'équipement ; centre interrégionaux de formation professionnelle ; Agence nationale
pour l'amélioration de l'habitat ; direction des affaires financières et de
l'administration centrale CCPC (pour information).
La présente
circulaire a pour objet de vous préciser les modalités de la déconcentration des
décisions de financement pour démolition et changement d'usage de logements locatifs
sociaux décidée par le comité interministériel des villes (CIV) du 14 décembre 1999.
L'amélioration du
cadre de vie des habitants, l'égalité d'accès aux services, la réinsertion et le
renforcement de l'attractivité des quartiers d'habitat social dévalorisés fondent la
politique de renouvellement urbain que le gouvernement veut promouvoir.
Cette politique vise
à une recomposition des équilibres urbains et à une revalorisation des territoires
touchés par la dégradation et la ségrégation, au moyen d'actions menées à
différentes échelles. Elle nécessite des opérations de renouvellement urbain, qui
intègrent, en matière d'habitat, en fonction de diagnostics fins de territoires, des
démolitions. des reconstructions et des opérations de changement d'usage nécessitant un
renforcement de la gestion urbaine de proximité.
Les démarches à
lancer pour requalifier ces quartiers ont été rappelées par l'instruction
interministérielle du 28 octobre 1999 portant sur l'habitat au service du renouvellement
urbain dans les contrats de ville.
Le CIV du 14
décembre 1999 a également précisé les conditions de mise en place du programme de
renouvellement urbain du gouvernement, constitué notamment des grands projets de ville
(GPV) et des opérations de renouvellement urbain (ORU).
Une attention
particulière devra être portée à la bonne articulation de ces projets avec les
opérations de démolition.
Dans ce contexte, la
déconcentration des décisions de financement des démolitions et de changement d'usage
vise :
- une prise de
décision au plus près des territoires concernés, tenant mieux compte des attentes des
habitants, facilitant le débat local, et permettant de situer le projet de démolition
dans une approche globale du projet urbain ;
- une meilleure
articulation entre la décision de financement et les différentes décisions
d'autorisation de démolir des logements locatifs sociaux ;
- une réponse
efficace à la montée en régime du nombre de dossiers de demande de financement
constatée ces dernières années, permettant des décisions plus rapides, et une
meilleure coordination dans le temps des actions de requalification envisagées.
La circulaire n°
98-96 du 22 octobre 1998 reste applicable.
Elle vous a
précisé les conditions dans lesquelles vous pouvez accorder et financer les démolitions
de logements locatifs sociaux ainsi que les changements d'usage.
1. Le
nouveau dispositif
a)
Déconcentration des décisions de financement de la démolition et du changement d'usage
de logements locatifs sociaux.
La décision de
financer la démolition ou le changement d'usage relève désormais de votre compétence
pour tous les dossiers de démolition inférieurs à cent logements et pour les
changements d'usage qui portent seulement sur une partie d'un bâtiment. Votre décision
est prise après avis consultatif de la commission spécialisée du conseil départemental
de l'habitat (CDH).
Pour les dossiers
concernant des démolitions supérieures à cent logements et pour les changements d'usage
portant sur la totalité d'un immeuble, la décision relève du secrétaire d'Etat au
logement après avis de la commission spécialisée du CDH et avis technique de la
commission interministérielle (1).
b) Mise en
cohérence avec les autres décisions concernant la démolition et le changement d'usage.
La décision
d'autoriser la démolition de logements locatifs sociaux relève de votre compétence, en
application de l'article L. 443-15-1 du CCH.
Elle est prise,
après accord de la commune d'implantation et des garants des prêts.
Cette autorisation
est accordée sans préjudice des dispositions du titre III du livre IV du Code de
l'urbanisme qui traitent du permis de démolir.
Le permis de
démolir, qui relève dans la plupart des cas du pouvoir du maire, n'est effectif
qu'après obtention de votre autorisation.
La décision de
vendre des logements vacants ou de les louer à toute personne physique ou morale, pour
des usages autres que l'habitation relève également de votre compétence, en application
de l'article L. 443-11 du CCH.
Vous devez
préalablement consulter la commune d'implantation.
Le financement de
l'Etat conditionnant souvent la réalisation effective de l'opération, si une opération
de démolition ou de changement d'usage fait l'objet d'une demande de financement, vous
n'accorderez l'autorisation réglementaire de démolition ou de changement d'usage
qu'après consultation de la commission spécialisée du CDH ou de la Commission
nationale. si elle est sollicitée, sur la demande de financement.
2.
Composition de la commission spécialisée du CDH et de la commission interministérielle
Il vous a été
demandé, dans le cadre de la circulaire du 31 janvier 2000 relative à la mise en oeuvre
de la politique du logement et à la programmation des financements aidés de l'Etat, de
créer une commission spécialisée sur la base des dispositions de l'article R. 362-18 du
CCH.
Vous voudrez bien
nous adresser, dès que vous l'aurez pris, copie de l'arrêté fixant la composition de
cette commission.
La mise en place des
commissions spécialisées et de la nouvelle Commission nationale devra être effective au
1er septembre 2000.
Les modalités de
composition de la commission spécialisée et du renouvellement de la commission
interministérielle sont précisées en annexe 1.
3.
Attributions et fonctionnement de la commission spécialisée du CDH et de la commission
interministérielle
3.1.
Compétences et fonctionnement de la commission spécialisée du CDH
a)
Compétences et modalités de consultation de la commission spécialisée du CDH
La commission est
compétente pour émettre un avis consultatif sur toutes les demandes de financement pour
démolition ou changement d'usage.
Elle est saisie par
vos soins, après instruction technique des demandes de financement par la direction
départementale de l'équipement.
Le rapport technique
établi et présenté par le directeur départemental de l'équipement doit éclairer les
membres de la commission sur les conséquences du projet de démolition sur le marché
local du logement et sur la stratégie patrimoniale et la santé financière du bailleur
ainsi que sur le degré de maturité du projet urbain.
Le contenu du
rapport doit bien sûr être adapté à l'enjeu de la démolition envisagée : une
démolition ponctuelle de quelques dizaines de logements n'est pas de nature à
bouleverser le marché local de l'habitat et ne nécessite sans doute pas l'élaboration
d'un projet urbain complexe de requalification.
A l'occasion de
l'examen des dossiers de démolition, vous serez particulièrement attentifs à la
localisation des opérations de reconstruction de logements sociaux, au regard de
l'objectif de rééquilibrage de l'habitat au niveau de l'agglomération, qui est affirmé
par le projet de loi relatif à la solidarité et au renouvellement urbain.
Vous organiserez le
débat au sein de la commission en veillant à ce que tous les éléments nécessaires à
la compréhension des enjeux (cf annexe II) du projet de renouvellement urbain soient
abordés, en particulier en ce qui concerne :
- l'incidence des
démolitions envisagées sur le fonctionnement du marché de l'habitat et leur
compatibilité avec la politique locale de l'habitat (PLH) ;
- l'inscription du
projet de démolition dans un projet global de requalification du quartier comprenant un
volet gestion urbaine de proximité ;
- la réalité du
portage partenarial du projet ;
- le phasage du
projet et les affectations provisoires ou définitives du foncier libéré ;
- la concertation
sur le projet urbain avec les habitants du quartier et les locataires à reloger ;
- la qualité du
plan de relogement, que doit engager la maîtrise d'ouvrage.
L'avis qui
résultera du débat devra figurer explicitement au procès-verbal de la réunion ainsi,
en tant que de besoin, que l'ensemble des points de vue des membres de la commission.
L'avis consultatif
de la commission spécialisée sera transmis à l'échelon central dans deux cas :
- si le dossier
appelle une décision du secrétaire d'Etat au logement avec avis préalable de la
commission interministérielle nationale, vous transmettrez le dossier au secrétariat de
la commission nationale dans les conditions précisées ci-dessous ;
- si le dossier
relève de votre compétence et qu'il soulève des difficultés particulières (2) ou
qu'une majorité des membres de la commission a fait part d'oppositions tranchées au
projet, vous solliciterez l'avis de la commission nationale, avant de rendre votre
décision.
b)
Fonctionnement de la commission spécialisée du CDH
Vous réunirez la
commission en tant que de besoin, selon la fréquence nécessaire pour permettre de ne pas
retarder les opérations prêtes.
Vous assurez de
droit la présidence de la commission.
Le directeur
départemental de l'équipement en assure le secrétariat et en est le rapporteur.
Chaque dossier fait
l'objet d'une présentation conjointe devant la commission par le maire, porteur de la
cohérence d'ensemble du projet de renouvellement urbain et le bailleur qui a en charge la
dimension habitat du projet.
La commission ou son
secrétariat établit un rapport annuel, à destination du CDH, dont une copie est
adressée pour information au secrétariat de la commission nationale.
3.2.
Compétences et fonctionnement de la commission nationale
a)
Compétences et modalités de consultation de la commission nationale
- Elle examine tous
les dossiers de démolition et de changement d'usage qui dépassent le seuil de
compétence locale (dossiers de plus de 100 logements et dossiers de changement d'usage
portant sur la totalité d'un bâtiment d'habitation). Lorsqu'un dossier concerne une
opération supérieure à 100 logements, à démolir en plusieurs tranches, la commission
se prononce, à la fois sur l'accord de principe global du financement des démolitions
envisagées et sur le financement de la première tranche sollicitée.
- Si un dossier de
démolition porte sur moins de 100 logements mais s'inscrit dans une opération de
renouvellement urbain conséquente prévoyant la démolition d'un nombre important de
logements en plusieurs phases, vous demanderez à la maîtrise d'ouvrage, en amont des
dossiers techniques de financement, de constituer un dossier global précisant les options
stratégiques à moyen terme, en matière de démolition, proposées sur le site et
arrêtées en accord avec le conseil municipal.
Vous adresserez ce
dossier, en cinq exemplaires, sous le timbre DGUHC : bureau de la programmation et des
interventions urbaines (IUH2), accompagné de votre avis, de celui de la commission
spécialisée et du rapport technique établi par la DDE, en vue de son examen par la
commission nationale.
Elle pourra donner
un accord de principe préalablement à votre décision. Les différentes tranches
financières feront l'objet de décisions déconcentrées.
- La commission
nationale est également amenée à donner un avis sur les dossiers qui, en deçà des
seuils de sa compétence lui seraient transmis à votre initiative, après débat local au
sein de la commission spécialisée.
La saisine est
effectuée par vos soins dans le mois qui suit la date de réunion de la commission
spécialisée.
b)
Fonctionnement de la commission nationale
Vous transmettrez
les dossiers, selon les cas définis plus haut et selon les modalités précisées par la
circulaire n° 98-96 du 22 octobre 1998.
Pour les opérations
complexes, vous pourrez mobiliser le chargé de mission territorial de la DGUHC et, en
tant que de besoin, les membres de la commission, afin qu'ils puissent vous assister dans
le montage technico-financier du dossier qui sera soumis à l'avis de la commission
nationale.
La commission
interministérielle se réunit en tant que de besoin :
La présidence est
assurée par le secrétaire d'Etat au logement ou son représentant. Le secrétariat est
assuré par la DGUHC.
Le maire ou le
bailleur, s'ils le souhaitent, peuvent être entendus par la commission, ou à la demande
de celle-ci.
4. Les
modalités financières de la déconcentration
4.1.
Délégation d'autorisations de programme
Les crédits
nécessaires pour financer la démolition et le changement d'usage sont déconcentrés
(chapitre 65-48-60 du MELT). Pour les dossiers déconcentrés, les autorisations de
programme en catégorie D (déconcentrée), seront déléguées, à votre demande, au vu
de l'avis de la commission spécialisée.
Pour les dossiers
nécessitant un examen en commission nationale l'autorisation de programme correspondante
vous sera déléguée en catégorie N (nationale), accompagnée de la décision
ministérielle.
4.2. Le
financement du changement d'usage
Le CIV du 2
décembre 1998 a décidé que la subvention maximum pour financer les changements d'usage
est de 35 % des coûts de transformation, tels que définis par la circulaire d'octobre
1998, quelle que soit la nature des activités implantées (activités publiques ou
privées).
Par ailleurs, ces
financements doivent être réservés à des opérations de diversification sur des sites
prioritaires de la politique de la ville ou des sites présentant des caractéristiques
socio-économiques équivalentes.
Le changement
d'usage s'analyse comme une modification de la structure du bâti rendue nécessaire pour
affecter le bâtiment ou une partie de celui-ci à un autre usage que l'habitation. Il ne
consiste en aucun cas en une rénovation entraînant la démolition et reconstruction d'un
bâtiment d'activité au lieu et place du bâtiment d'habitat social démoli.
Les opérations de
vente avec changement d'usage ne sont pas subventionnables (cf. annexe V de la circulaire
du 22 octobre 1998).
4.3.
Evolution du calcul de la subvention pour démolition
Voir annexe III.
Des séances de
formation et d'échange sur la thématique «démolitions et changement d'usage dans les
projets de renouvellement urbain» seront organisées en direction des membres des
commissions pour les sensibiliser. Le bureau IUH2 et la mission territoriale de la DGUHC,
en étroite association avec les représentants de la DIV sont mobilisés pour vous
assister dans la mise en place de la déconcentration. Vous voudrez bien faire parvenir
sous le timbre DGUHC/IUH2 le tableau de l'annexe IV dûment rempli afin que les besoins en
crédits déconcentrés et en crédits nationaux puissent être appréciés pour le second
semestre 2000.
Vous voudrez bien
nous saisir sous le double timbre de la DIV et de la DGUHC des difficultés que vous
rencontreriez dans l'application de ces instructions.
ANNEXE 1
1.
Composition des commissions locales
Rappel des
dispositions du Code de la construction et de l'habitation
L'article R. 362-18
du CCH susvisé dispose que le CDH peut créer en son sein des commissions spécialisées
dont il fixe la durée, la composition et les attributions.
En application de
cet article, la commission spécialisée que vous devez mettre en place doit comprendre,
au minimum deux membres de chacun des groupes siégeant au CDH, soit :
- au moins deux
représentants du conseil général, des communes et des groupements de communes du
département ;
- au moins deux
représentants des professionnels intervenant dans le département, pour la construction,
l'amélioration de l'habitat ou la mise en oeuvre des moyens financiers correspondant ;
- au moins deux
représentants d'organisations d'usagers, de gestionnaires ou de bailleurs privés, de
partenaires sociaux associés à la gestion de la participation des employeurs à l'effort
de construction, ainsi que des personnes ou des représentants des organismes choisis en
raison de leurs compétences en matière d'habitat, et en outre, en tant que de besoin, un
membre de la section des aides publiques au logement définie au b) du même article (cf.
section des aides publiques, article R. 351-48 du CCH).
Si vous l'estimez
nécessaire, vous pouvez associer aux travaux de la commission (ou du bureau) des
personnalités étrangères au Conseil, en tant qu'experts, dans la limite du quart des
membres de ladite commission.
Dispositions
complémentaires
Dans un souci
d'efficacité, vous veillerez à ce que le nombre de participants à cette commission soit
restreint et que les candidats proposés par les différents collèges soient en mesure de
prendre part efficacement au débat sur les démolitions et changements d'usage de
logements locatifs sociaux.
A ce titre, la
représentation des bailleurs sociaux (organismes HLM, et SEM), de la caisse des dépôts
et consignation et des associations représentatives de locataires est recommandée.
Vous veillerez à
associer l'architecte-conseil et/ou le paysagiste-conseil de la DDE, au titre des membres
nommés en tant qu'expert, vous veillerez également à associer le trésorier-payeur
général ou son représentant en tant que membre de la section des aides publiques.
Si l'architecte
conseil et/ou le paysagiste conseil ne sont pas disponibles pour participer à une
réunion de la commission, il est souhaitable que leur avis écrit sur les projets
examinés soit annexé au rapport technique de la DDE.
Outre les membres de
la commission, vous veillerez à ce que le responsable départemental «politique de la
ville» ou le sous-préfet chargé de mission pour la politique de la ville soit associé
aux travaux de la commission.
En outre, comme le
prévoit la circulaire n° 86-62 du 5 octobre 1984 relatif aux conseils départementaux de
l'habitat, le président de la commission peut inviter à toute séance, toute personne
pouvant fournir une information utile à la commission, sans que cette personne n'ait ni
droit d'avis, ni droit de vote.
Il vous appartient
à ce titre d'inviter, en tant que de besoin, un représentant des locataires concernés
par le projet de démolition examiné.
Dans un souci de
simplification, la commission spécialisée pourra être constituée des membres du bureau
du CDH dont la composition est fixée par l'article R. 362-15 du Code de la construction
et de l'habitation auquel vous adjoindrez les personnalité citées ci-dessus.
Des suppléants
seront nommés dans les mêmes conditions que les titulaires.
Le mandat des
membres de la commission spécialisée est calqué sur celui des membres du CDH (trois ans
renouvelables) selon les modalités prévues par l'article R. 362-11 du CCH.
2.
Composition de la commission nationale
La commission
nationale est renouvelée dans sa composition. Outre des représentants du secrétariat
d'Etat au logement et du ministère de la ville, elle sera désormais composée comme suit
:
- un représentant
du ministère du budget ;
- deux
représentants de l'UNFOHLM ;
- un architecte
conseil de la DGUHC et un expert désigné par la DIV ;
- un représentant
de la caisse des dépôts et consignations.
ANNEXE 2
Précisions sur les
modalités d'instruction des demandes de financement pour démolition ou changement
d'usage
a)
Modalités techniques d'instruction (délais).
Votre décision doit
se fonder sur les conclusions du rapport technique établi par la DDE, sur l'avis émis
par la mission ville et le sous-préfet à la ville et sur les éléments de débat de la
commission.
Ces opérations
d'investissement ne peuvent connaître un commencement d'exécution avant que le dossier
ait été examiné par la commission spécialisée et que vous ayez accordé votre
autorisation.
Aucune dérogation
n'est possible, sauf en cas de péril dûment constaté.
L'article 5 du
décret n° 99-1060 du 16 décembre 1999 du ministre de l'économie, des finances et de
l'industrie relatif aux subventions de l'Etat pour des projets d'investissement interdit
au demandeur de commencer l'opération avant la notification par le service instructeur
indiquant que son dossier est complet. A contrario, il permet donc de le faire avant
l'attribution de la subvention de l'Etat. Toutefois, il est prévu à l'article 6 du
décret que l'autorité compétente peut, par décision visée du contrôleur financier,
interdire le commencement des travaux avant la décision d'octroi de la subvention. Vous
proposerez systématiquement cette disposition pour les demandes concernant la démolition
des immeubles HLM.
L'accusé de
réception du dossier complet doit indiquer la date à laquelle le dossier sera examiné
en commission (dans le mois qui suit le dépôt du dossier complet).
b)
Appréciation des enjeux des projets de démolition.
La phase
d'instruction technique, pilotée par la DDE, doit permettre d'éclairer au mieux la
commission sur les enjeux du projet de démolition.
Conformément aux
dispositions de la circulaire du 22 octobre 1998, vous veillerez particulièrement à ce
que les aspects suivants soient bien pris en compte.
1. L'analyse
locale du marché du logement, qui est habituellement peu développée
Les dossiers doivent
faire apparaître clairement comment s'articule le programme de démolition avec le PLH,
lorsqu'il existe.
Pour permettre aux
acteurs locaux de mieux mesurer les enjeux d'une démolition et ses implications par
rapport au projet de renouvellement urbain, le CIV du 14 décembre 1999 a décidé de
faciliter le financement des études préalables sur l'opportunité et la faisabilité des
démolitions envisagées (financements prévus sur le chapitre 65-48/50), et la circulaire
de programmation des aides de l'Etat pour l'année 2000 a rappelé que le PLH était la
procédure appropriée pour définir la politique locale de l'habitat.
Vous n'hésiterez
pas à recourir à ces outils pour éclairer les membres de la commission, si les
diagnostics fournis à l'appui des demandes sont insuffisants.
2. Le
contenu et le pilotage du projet global de requalification Les diagnostics
Les diagnostics
contenus dans les dossiers doivent être précis et complets pour permettre aux membres de
la commission d'émettre un avis en toute connaissance de cause, qu'il s'agisse d'une
analyse localisée de la vacance et de ses causes ou de la gestion urbaine de proximité.
Pour affiner les
diagnostics préalables à la décision de démolir, vous mobiliserez, en tant que de
besoin, les crédits d'études logement 165, 48, 50,) évoqués plus haut, ainsi que ceux
du FIV pour les dossiers à enjeux.
Le volet
gestion urbaine de proximité
Le projet urbain et
social dans lequel la démolition s'inscrit doit également prévoir un programme
d'actions de gestion urbaine de proximité visant à améliorer la qualité de vie des
habitants sur le site et à pérenniser les actions de requalification, conformément aux
indications précises données à ce sujet par la note de cadrage (DGUHC-UNFOHLM) du 2
juin 1999.
En particuliers les
démarches visant à préciser les modalités de gestion entre la ville et l'organisme
HLM, ponant sur les VRD et les espaces publics, reconfigurés à l'occasion du projet
urbain, doivent être détaillées.
Le portage
partenarial des projets
Le dossier est
souvent élaboré par la maîtrise d'ouvrage HLM, sans que le portage politique et
l'organisation de la maîtrise d'ouvrage partenariale du projet global, souvent complexe,
soient suffisamment explicités.
La grande majorité
des dossiers concerne des quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Il vous appartient
donc de vérifier que les instances de pilotage du contrat de ville sont effectivement
associées aux projets de démolition, afin que ceux-ci soient mis en perspective avec le
projet territorial d'ensemble.
Le portage politique
des projets et l'implication de la commune concernée doivent être attestés par une
délibération du conseil municipal.
3. Les
processus de concertation avec les habitants dans le montage des projets doivent être
explicités
La mobilisation des
habitants sur le projet de renouvellement urbain nécessite la mise en place de mesures de
concertation et de communication qui vont au-delà de la simple négociation à engager
pour la mise en place du plan de relogement.
La prise en compte
des attentes des habitants dans le projet urbain peut se faire en amont, à l'occasion du
diagnostic, et notamment lorsqu'il s'agit d'avoir une meilleure connaissance du
fonctionnement du quartier et des usages des habitants (enquêtes, interviews).
Les premières
formalisations du projet peuvent ensuite faire l'objet d'une large information auprès des
habitants (journal, réunion, exposition) et d'un recueil de leur point de vue avant que
la maîtrise d'ouvrage n'arrête son choix sur un projet à présenter à la commission.
Les crédits
d'études du FIV peuvent être mobilisés pour financer les appuis méthodologiques
nécessaires à la mise en place de processus de concertions.
4. Les plans
de relogement doivent être détaillés et doivent engager la maîtrise d'ouvrage
Vous veillerez à ce
que, pour les opérations les plus complexes, le plan de relogement soit élaboré en
cohérence avec les dispositifs mis en place dans le cadre de la loi d'orientation de
lutte contre l'exclusion, notamment les conférences intercommunales du logement et les
charges intercommunales, et en mobilisant, si nécessaire, plusieurs bailleurs sociaux.
Vous pourrez
financer, si nécessaire, la mise en place de MOUS relogement, sur le chapitre 65-48/50
(65-48/20 en Ile-de-France) pour faciliter le relogement des locataires d'un bâtiment
destiné à être démoli.
Vos services (DDE)
pourront assurer un suivi des relogements afin de veiller notamment à l'amélioration du
cadre de vie des habitants relogés (situation dans la ville, loyer, réponse à leurs
attentes) et à la pérennité de ces propositions.
ANNEXE 3
Conditions de
majoration de la subvention pour démolition à 50 % du coût pris en charge
Selon les termes de
la circulaire 98-96 du 22 octobre 1998, la démolition de logements locatifs sociaux peut
faire l'objet d'une subvention de l'Etat couvrant jusqu'à :
- 35 % des coûts de
démolition et d'accompagnement social des actions de relogement ;
- 30 % du capital
restant dû.
Le CIV du 14 octobre
1999 a décidé de faciliter le financement des démolitions en ponant à 50 % le taux
maximum de subvention.
Ce taux majoré
s'applique uniformément aux coûts de démolition directs et aux coûts d'accompagnement
sociaux (déménagements) ainsi qu'au coûts liés au capital restant dû.
La modulation du
taux pouvant aller jusqu'au taux majoré de 50 % sera réservée, dès cette année, soit
aux opérations les plus lourdes, soit aux organismes HLM disposant de marges financières
réduites.
Par opérations les
plus lourdes, il faut entendre les opérations qui, par leur ampleur, nécessitent un
apport financier important des partenaires du projet, et qui, à ce titre, se situent dans
un site grand projet de ville (GPV) ou qui ont été retenues dans le cadre d'une
opération de renouvellement urbain (ORU), ou qui induisent des surcoûts importants liés
au désamiantage.
Le taux de 50 % est
également ouvert aux organismes HLM inscrits en procédure de redressement CGLS ou en
difficultés financières.
Pour apprécier la
situation financière des bailleurs susceptibles de bénéficier de la subvention majorée
à 50 %, vous vous reporterez aux indications contenues dans l'annexe III de la circulaire
du 22 octobre 1998 en vous référant aux quartiles diffusés chaque année par la DGUHC
(sous-direction des organismes constructeurs) à vos services, notamment pour le fond de
roulement net l'épargne nette, le coût de gestion par logement locatif, le service
annuel de la dette, les impayés et la vacance (calcul des ratios établis à l'aide du
logiciel Bolero).
ANNEXE 4
Démolition/changement
d'usage des logements locatifs sociaux, année 2000 - Chapitre 65 48/60 - Catégorie N et
D
Département :
| Libellé
de l'opération ville - quartier (1) |
Nombre
de logement concernés (2) |
Montant
de la subvention (3) |
| |
|
|
(1) Comme l'indique
la circulaire du 22 octobre 1998, les démolitions de logements foyers de travailleurs
migrants peuvent être subventionnées sur le chapitre 65-48 60, lorsqu'elles sont
prévues dans le cadre du plan quinquennal de traitement des foyers de travailleurs
migrants (cf. circulaire n° 98-65 du 18 juin 1998 relative à la mise en oeuvre de la
convention du 18 juin 1998 relative à la mise en oeuvre de la convention du 14 mai 1997
entre l'Etat et l'Union d'économie sociale pour le logement [UESL]).
Ces financements
sont désormais déconcentrés. Vous vous assurerez de l'accord préalable de la CILPI.
Vous saisirez la
Commission nationale des demandes de financement de démolitions de foyers ne rentrant pas
dans le cadre du plan quinquennal.
(2) Projet urbain
complexe, forte opposition des habitants au projet, projet de changement d'usage portant
sur un grand nombre de logements d'un bâtiment avec incertitudes sur l'équilibre de
l'opération et sur la commercialisation, etc.