Lutte contre l'habitat indigne
Annexe financière
ANNEXE CIRCULAIRE du 18 AVRIL
2002- n° 2002-30/UHC/IUH4 -
N° 5138 du 17/05/2002 - page 371
I - Etudes de repérage des situations d'habitat indigne
1 - Repérage des territoires à enjeux par l'Etat :
- Types d'action :
Repérage des situations d'habitat indigne, à l'initiative des services de
l'Etat, aux fins d'établir une première identification des territoires
susceptibles d'être concernés dans le département, notamment à partir
d'indicateurs cadastraux et fiscaux, croisant taxe d'habitation et tranches de
revenus (traitement du fichier fiscal FILOCOM) et de mettre ainsi à
disposition des collectivités locales des éléments objectifs.
- Crédits d'études :
Deux catégories de crédits sont susceptibles d'être mobilisées :
- Les crédits de titre V du budget du Ministère de l'Equipement, des
Transports et du Logement qui permettent de financer les études pour le compte
de l'Etat, sous la maîtrise d'ouvrage de la DDE
Intitulés des lignes budgétaires "Etudes locales" sur le chapitre 57-30/40
pour le territoire national hors Ile-de-France et "Dépenses d'études
afférentes aux opérations financées en Ile-de-France" sur le chapitre 57-30/60
pour la région Ile-de-France ;
- Les crédits de titre IX du budget du Ministère de l'Equipement, des
Transports et du Logement qui permettent aux DDE d'avoir recours aux CETE
notamment pour des missions de réalisation d'analyses des territoires, de
rapprochement des différents systèmes et de capitalisation d'études.
Intitulé de la ligne budgétaire "Prestations des CETE aux services
déconcentrés dans le domaine Urbanisme Habitat Construction" sur le chapitre
91-29/30.
- Conditions et modalités :
Application de la circulaire n° 2001-78 du 16 novembre 2001 relative à
l'orientation et à la programmation des crédits d'études locales dans le
domaine de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction en 2002.
Il est souhaitable que ces études soient menées en liaison avec les DDASS
intéressées.
2 - Subventions aux partenaires du programme :
- Types d'action :
Enquêtes de terrain à l'immeuble, entreprises par les collectivités locales,
opérateurs ou associations, sur la base d'une première hiérarchisation des
sites potentiellement concernés par le phénomène d'habitat indigne.
- Subventions d'études :
Il s'agit de crédits de titre VI du budget du Ministère de l'Equipement, des
Transports et du Logement qui permettent de subventionner, notamment les
collectivités locales, pour la réalisation d'études portant sur les domaines
de l'habitat et du renouvellement urbain.
- Intitulé de la ligne budgétaire :
"Aide à la préparation et à la mise en oeuvre des opérations d'amélioration de
l'habitat" ; chapitre 65-48/50 du budget du Ministère de l'Equipement, des
Transports et du Logement.
- Conditions et modalités :
Application de la circulaire n° 2001-78 du 16 novembre 2001 relative à
l'orientation et à la programmation des crédits d'études locales dans le
domaine de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction en 2002.
- Taux de subvention : 50 %
- Bénéficiaires de la subvention :
Personnes publiques à l'exception des établissements publics d'Etat, et
personnes physiques ou morales de droit privé, en vue de la réalisation de
projets d'investissement matériel ou immatériel, pour la mise en oeuvre d'une
politique d'intérêt général (décret n° 99-1060 du 16 décembre 1999)
Ces actions sont à mener en liaison avec les DDASS des sites intéressés.
II - Maîtrise d'oeuvre urbaine et sociale spécifique "insalubrité"
(Cf. circulaire n° 2001-89/UHC/IUH2/30 du 18 décembre 2001 relative à la mise
en oeuvre de la politique du logement et à la programmation des financements
aidés de l'Etat pour 2002.)
- Types d'action :
Dans le cadre du programme d'action prioritaire d'éradication de l'habitat
indigne, est ouverte la possibilité de mettre en place une MOUS spécifique
"insalubrité" ayant pour objet de permettre de traiter l'insalubrité diffuse.
Elle comporte les missions suivantes : le descriptif de l'état des lieux des
logements préalable au rapport d'insalubrité, le traitement des logements
insalubres par l'appui aux propriétaires (aide à la constitution des dossiers
de financements, définition et suivi des travaux...), la remise en ordre de
copropriétés dans le cadre de l'insalubrité, l'hébergement provisoire, le
relogement définitif, et l'accompagnement social des occupants.
Ces actions sont à mener en liaison avec les DDASS des sites intéressés.
- Départements concernés :
Bouches-du-Rhône, Gard, Var, Hérault, Rhône, Pas-de-Calais, Nord, Paris,
Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne.
- Intitulé de la ligne budgétaire :
"Aide à la préparation et à la mise en oeuvre des opérations d'amélioration de
l'habitat" ; chapitre 65-48/50 du budget du Ministère de l'Equipement, des
Transports et du Logement.
- Opérateurs bénéficiaires :
Collectivités locales ; associations ; organismes HLM et les SEM, sous réserve
que les projets relèvent strictement du traitement de l'insalubrité, à
l'exclusion des opérations visant le maintien dans les lieux ou les mutations
de ménages déjà logés dans le parc social, fut il insalubre.
- Taux et dépenses subventionnables par type d'opération :
Le taux de la subvention de l'Etat est porté à 80 % de la dépense hors taxe
plafonnée à 4 000 Q par logement. Dans le cas où la maîtrise d'ouvrage ne
serait pas assurée par une collectivité locale, en application de l'article
1er du décret du 3 octobre 2000, ce taux peut être porté à 100 % de la dépense
subventionnable plafonnée à 4 000 E par logement, à condition que la
collectivité s'engage parallèlement à des contreparties en matière d'offre
nouvelle de logement ou d'hébergement soit par l'intermédiaire d'interventions
financières soit par mises à disposition de locaux.
- Rappel :
Pour les autres départements, le dispositif MOUS peut être mobilisé selon les
conditions et modalités précisées par la circulaire n° 95-63 du 2 août 1995.
III - Mesures d'urgence et de sécurité sur les immeubles exposés au plomb
ou insalubres
- Types d'action :
Outre l'exécution par l'Etat de toutes mesures d'urgence appropriées
nécessaires à la protection des personnes dans les immeubles exposés au plomb
(cf décret n° 99-483 du 9 juin 1999 définissant les conditions d'application
du dispositif "mesures d'urgence contre le saturnisme"), l'extension de cette
ligne à l'insalubrité permet de financer les mesures exécutées d'office visant
à empêcher toute occupation des locaux faisant l'objet d'un arrêté
d'insalubrité avec interdiction d'habiter. Il peut s'agir notamment des
travaux de murage ou de gardiennage.
Par ailleurs, cette ligne peut être utilisée pour financer des diagnostic
"insalubrité" préalables aux rapports d'enquête des inspecteurs de salubrité
des DDASS ou SCHS qui pourront porter sur des éléments d'évaluation technique
incluant, en tant que de besoin, des analyses de stabilité des structures
maîtresses des bâtiments.
Cette ligne budgétaire peut également être sollicitée pour l'hébergement
d'urgence, les mesures d'accompagnement social et l'appui aux propriétaires
dans le cadre de travaux de lutte contre l'insalubrité et le saturnisme.
En matière de publicité foncière, en cas de difficulté pour régler, à frais
avancés, pour le compte du propriétaire le paiement des salaires aux
conservateurs des hypothèques tels que prévus au code général des impôts, et
notamment pour les arrêtés intéressant des communes dépourvues de SCHS, il
pourra être fait appel, à titre exceptionnel, à cette ligne.
- Intitulé de la ligne budgétaire :
"Lutte contre le saturnisme et l'insalubrité" ; chapitre 37-40/10
(diagnostics, travaux, hébergements d'urgence, contrôle des travaux, autres
mesures) du budget du Ministère de l'Equipement, des Transports et du Logement
; dotation budgétaire pour 2002 : 9,15 M E.
- Conditions :
Mesures exécutées par l'Etat et financés à 100 % de la dépense toutes taxes
comprises.
La nature des actions financées impose bien évidemment que la direction
départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) soit étroitement
associée.
IV - Travaux d'office de sortie d'insalubrité
- Types d'action :
Réalisation d'office par l'Etat des travaux prescrits par arrêté préfectoral
sur les immeubles déclarés insalubres remédiables, en cas de carence des
propriétaires et du maire (application des articles L.1331-28 et L.1331-29 du
CSP).
- Intitulé de la ligne budgétaire :
"Résorption de l'insalubrité : réalisation de travaux d'office de sortie
d'insalubrité" ; chapitre 55-21/40 du budget du Ministère de l'Equipement, des
Transports et du Logement ; dotation budgétaire pour 2002 : 7,62 M Q.
- Conditions :
Travaux exécutés d'office par l'Etat et financés à 100 % de la dépense toutes
taxes comprises. Le montant de cette dépense est récupérable sur les
propriétaires défaillants (créance recouvrée comme en matière de contribution
directe et garantie par une inscription hypothécaire art L1331-30 du CSP).
Cas particuliers :
Pour des raisons opérationnelles et, notamment en copropriété, l'Etat peut
entreprendre des travaux d'office, sachant que certains propriétaires sont de
bonne foi et disposés à réaliser les travaux prescrits. Pour bénéficier des
subventions de l'Agence Nationale pour l'Amélioration de l'Habitat, les
propriétaires devront avoir déposé leur dossier de demande de subvention dès
la réception du devis par les services de l'Etat et avant l'engagement des
travaux par celui-ci.
V - Subventions pour opérations publiques de Résorption de l'Habitat
Insalubre (RHI)
- Types d'action :
La RHI est un dispositif opérationnel, normalement d'initiative locale
(commune ou EPCI) destiné à permettre le traitement des immeubles déclarés
insalubres irrémédiables et définitivement interdits à l'habitation, par leur
acquisition (sous déclaration d'utilité publique), leur éventuelle démolition.
Les terrains libérés doivent normalement accueillir des logements locatifs
sociaux.
La modification du régime financier de la RHI, en cours de finalisation,
permettra, notamment, d'intégrer dans le calcul du déficit de l'opération,
sous certaines conditions, l'acquisition d'immeubles insalubres déclarés
irrémédiables, et à ce titre définitivement interdits à l'habitation, non
destinés à être démolis mais à être affectés à du logement locatif social.
La RHI permet aussi de traiter des immeubles isolés dans la mesure où ces
interventions ponctuelles ou "multisites" s'inscrivent dans le cadre d'une
politique globale.
- Intitulé de la ligne budgétaire :
"Résorption de l'habitat insalubre" ; chapitre 65-48/70 du budget du Ministère
de l'Equipement, des Transports et du Logement.
- Opérateurs bénéficiaires :
Communes, EPCI et opérateurs qui seront précisés dans la circulaire en cours
de finalisation.
- Taux et dépenses subventionnables par type d'opérateur :
Le déficit de l'opération tel qu'il apparaît après prise en compte des
éléments du bilan de RHI est subventionnable au taux de 70 %. Ce taux peut
être porté à 80 % si la population étrangère de la commune est supérieure à 8
%.
Le taux est de 100 % lorsque qu'il s'agit d'une résorption de bidonville.
VI - Subventions de l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat
(ANAH)
1 - Subventions aux propriétaires occupants :
- Types d'action :
Réalisation des travaux de sortie de péril ou d'insalubrité par les
propriétaires occupants.
- Taux et assiette de subvention :
50 % de la dépense subventionnable hors taxes (travaux sur M et L).
Possibilité d'appliquer la règle du "X + X" lorsque la collectivité abonde le
taux de subvention mentionné ci-avant.
- Plafond de ressources pour l'octroi de la subvention ANAH :
100 % des plafonds de ressources des prêts à l'accession sociale (PAS).
- Plafond de travaux :
26 000 Q hors taxes (travaux M et L).
- Conditions particulières :
Application du règlement général de l'ANAH et de l'instruction du 21.12.2001
2 - Subventions aux propriétaires bailleurs :
- Types d'action :
Réalisation des travaux de sortie de péril ou d'insalubrité par les
propriétaires bailleurs.
- Taux et assiette de subvention aux travaux sur les parties immeuble (M) :
50 % dans tous les cas de figure ;
Possibilité de déplafonnement du montant des travaux par la commission locale
d'amélioration de l'habitat (CAH) ;
Possibilité d'appliquer la règle du "X + X" lorsque la collectivité abonde le
taux de subvention mentionné ci-avant ;
- Taux et assiette de subvention des travaux en parties logement et privatives
(L) :
- Le PST
70 % des parties L et M en zone PLI
50 % des parties L et M hors zone PLI
Possibilité d'appliquer la règle du "X + X" lorsque la collectivité abonde le
taux de subvention mentionné ci-avant
- Locatif conventionné :
50 % de la dépense subventionnable hors taxes en zone PLI ;
35 % hors zone PLI ;
Possibilité de déplafonnement du montant des travaux par la CAH
Possibilité d'appliquer la règle du "X + X" lorsque la collectivité abonde le
taux de subvention mentionné ci-avant ;
- Locatif intermédiaire :
35 % de la dépense subventionnable hors taxes en zone PLI ;
20 % hors zone PLI ;
Possibilité de déplafonnement du montant des travaux par la CAH
Possibilité d'appliquer la règle du "5 + X" lorsque la collectivité abonde le
taux de subvention mentionné ci-avant en zone PLI ;
- Locatif libre :
20 % de la dépense subventionnable hors taxes ;
Possibilité de déplafonnement du montant des travaux par la CAH
- Conditions particulières :
Application du règlement général de l'ANAH.
N.B : Toutes les subventions ci-dessus sont applicables à l'ensemble
des travaux nécessaires à la remise en état des logements ou immeubles
insalubres ou menaçant ruine et ne sont pas limités aux seuls travaux
prescrits par les arrêtés d'insalubrité ou de péril. Après réalisation des
travaux, les logements locatifs concernés devront, normalement, être décents
au sens du décret n° 2002 - 120 du 30 janvier 2002.
Les travaux éventuellement effectués sur des immeubles d'habitation insalubres
irrémédiables sont subventionnables par l'ANAH dans les mêmes conditions.
Les travaux effectués sur des immeubles d'habitation frappés d'un arrêté
d'insalubrité ou de péril, pris en application des législations antérieures à
la loi SRU, sont subventionnables dans les mêmes conditions.
3 - Subventions aux communes pour réaliser les travaux d'office :
- Types d'action :
Octroi d'une subvention aux communes qui se substituent aux propriétaires
défaillants en vue de leur permettre de réaliser d'office les travaux de
sortie d'insalubrité ou de péril (application des articles L.1331-28 et
L.1331-29 du code de la santé publique (CSP) ou des articles L.511-2 et
L.511-3 du code de la construction et de l'habitat (CCH).
- Taux et assiette :
50 % de la dépense subventionnable hors taxes, pour les travaux en parties
privatives et en parties communes, sans plafonnement de travaux, qu'il
s'agisse de propriétaires bailleurs ou de propriétaires occupants. N.B : Les
travaux d'office effectués sur des immeubles d'habitation frappés d'un arrêté
d'insalubrité ou de péril, pris en application des législations antérieures à
la loi SRU, bénéficient des modalités de financement précisées au présent
paragraphe
- Conditions de remboursement de l'ANAH par les propriétaires lors de travaux
d'office réalisés par les communes.
L'instruction de l'ANAH du 21.12.01 prévoit que "l'ANAH se retournera après
travaux vers les propriétaires concernés. Les montants de subventions octroyés
aux communes n'étant pas acquis à priori pour les propriétaires concernés, ils
devront être recalculés en fonction des situations et des engagements de
chacun et les subventions seront reversées le cas échéant en tout ou partie"
- Pour le propriétaire bailleur : celui-ci peut demander à l'ANAH de conserver
le bénéfice de tout ou partie de la subvention octroyée à la commune
conformément aux taux de subvention auquel il aurait eu droit, selon les
engagements pris (conventionnement) et la zone géographique concernée. En cas
de non conventionnement, mais de mise en état de décence du logement et
d'occupation conforme aux dispositions du CCH et au règlement général de
l'Agence, le reversement partiel de la subvention sur la partie logement est
de plein droit exigé par l'ANAH en application de l'article R.321-21 du CCH
Si le logement n'est pas décent, le remboursement total est alors exigé.
- Pour le propriétaire occupant situé sous les plafonds de ressources fixés
par arrêté interministériel : le bénéfice de la subvention est conservé si le
propriétaire s'engage à occuper le logement conformément aux dispositions de
CCH et du règlement général de l'Agence.
- Pour le propriétaire occupant situé au dessus des plafonds de ressources
fixés par arrêté interministériel : le reversement de la subvention est de
plein droit exigé par l'ANAH.
VII - Mobilisation des produits de la CDC
1 - Prêts directs aux communes :
- Types d'action :
Faciliter, en cas de carence des propriétaires, la réalisation d'office par
les communes des travaux prescrits par arrêté sur les immeubles déclarés
insalubres remédiables (articles L.1331-28 et L.1331-29 du CSP) ou les
immeubles menaçant ruine par l'octroi de prêts renouvellement urbain (PRU) en
complément des subventions de l'ANAH
- Taux :
Actuellement de 3.25 % indexé sur le taux du livret A.
- Conditions particulières :
Prêts distribués sur tout le territoire national par la Caisse des dépôts et
Consignations en complément des subventions de l'ANAH (lettre du 15 novembre
2001 du directeur général de la CDC auprès de la Mme la Secrétaire d'Etat au
Logement).
2 -Actions à destination des propriétaires
- Types d'actions
- prêts complémentaires aux aides de l'ANAH (prêts PRU qui nécessitent un
dispositif d'intermédiation bancaire FSH)
- octroi de préfinancements aux subventions, (prêts FRU)
- développement de l'accessibilité bancaire pour emprunteurs fragiles par la
mise en place d'un système de garantie via le FRU
L'ensemble de ces actions imposent un dispositif de financement intermédié (FSH)
qui ne peut être mis en oeuvre et mobilisé que dans le cadre de politiques
volontaires mettant en oeuvre des dispositifs opérationnels de type OPAH ou
MOUS et se traduisant par un volume de dossiers potentiels significatif.
La pleine efficacité de ces dispositifs intermédiés est conditionnée à une
participation active des collectivités locales en terme de bonification des
prêts intermédiés ou de participation à un fonds de garantie.
VII - Création d'une OPAH renouvellement urbain
1.Le principe
L' "opération programmée d'amélioration de l'habitat (OPAH) de renouvellement
urbain" permettra à l'Etat, aux collectivités locales et à l'Agence nationale
pour l'amélioration de l'habitat (ANAH) de s'attaquer de manière coordonnée et
volontariste à l'ensemble des facteurs de dévalorisation d'un tissu existant
présentant des dysfonctionnements urbains et sociaux et dont l'insalubrité ou
la forte dégradation des logements est souvent la révélation.
Ces nouvelles OPAH de renouvellement urbain, dont la durée sera portée à cinq
ans, bénéficieront de financements renforcés, en contrepartie d'un engagement
des collectivités contractantes à conduire, en tant que de besoin, des actions
de lutte contre l'insalubrité et à engager des actions coercitives et/ ou
foncières, nécessitant, en tant que de besoin, le recours à la déclaration
d'utilité publique.
Dans cette perspective, une nouvelle circulaire remplacera la circulaire n°s
92-22 du 27 août 1992.
2. Financement prévu :
- Etude préopérationelle
Taux de subvention de l'Etat de 50 % (pouvant être porté à 80 % sur la seule
partie d'étude relative à l' insalubrité dont le coût est plafonné à 1/3 du
coût total de l'étude),
Plafonds de la dépense subventionnable 100k E
- Conduite de projet
Taux de subvention de l'Etat : 50 %
Plafonds de la dépense subventionnable 115 K E, ce montant étant porté à 150K
E/an en cas d'OPAH RU traitant d'insalubrité.
- Rappels :
Le repérage de l'insalubrité doit être généralisé dans les OPAH et ceci doit
être précisé dans les cahiers des charges d'études préopérationnelles des OPAH
"classiques", en vue du traitement de l'insalubrité dans la phase de suivi
animation.
Les OPAH RU n'ont pas pour objet d'être limité à la seule lutte contre
l'habitat. Ce nouveau cadre contractuel a pour objectif de permettre la mise
en oeuvre d'un projet global de revalorisation d'un secteur urbain continu
particulièrement dégradé, projet qui bien évidemment devra prendre en compte
l'insalubrité parmi ses axes stratégiques d'intervention.
VIII - Financements pour hébergement et relogement transitoire
1 - Crédits d'urgence
- Type d'action
Crédits d'urgence permettant d'assurer l'hébergement de courte durée en
structure d'urgence ou sous forme de nuitées d'hôtels pour des ménages démunis
sans autre solution d'accueil ou d'hébergement.
- Intitulé budgétaire
Chapitre 46.81 -20 "accueil hébergement d'urgence" (crédits déconcentrés du
budget du ministère de l'emploi et de la solidarité)
- Conditions
Au regard des tensions actuelles sur la demande d'hébergement, la mobilisation
de cette ligne est laissée à l'initiative locale au regard des disponibilités
et de la hiérarchisation des urgences propres à chaque département.
2 - Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS)
Ces structures ont vocation à accueillir des personnes nécessitant un
accompagnement social lourd, s'inscrivant dans la durée, et non destinées à un
hébergement ordinaire et temporaire.
- Intitulé budgétaire
Chapitre 46.81 - 30 du budget du ministère de l'emploi et de la solidarité :
"Centre d'hébergement et de réinsertion sociale"
- Conditions
La situation actuelle de saturation des CHRS ne permet d'envisager l'accueil
dans ces structures que de personnes relevant réellement d'une problématique
d'insertion. Par ailleurs, les conditions d'accueil en CHRS ne sont pas
adaptées à la prise en charge de familles en situation de relogement.
3 - Aide aux organismes logeant à titre temporaire des personnes
défavorisées (ALT)
Aide financière mensuelle accordée aux associations (ou aux centres communaux
ou intercommunaux d'action sociale)) logeant des personnes défavorisées pour
des durées de séjour limitées, n'ayant pas accès aux aides personnelles au
logement de droit commun, ou à l'aide sociale à l'hébergement.
Le montant de cette aide est déterminé de manière forfaitaire par référence
aux loyers plafonds retenus pour le calcul de l'allocation logement et dépend
de la taille et du nombre de locaux d'habitation mobilisés par l'organisme
pour l'année en cause.
- Intitulé budgétaire
Le financement de l'aide est assuré par le fonds national d'aide au logement (FNAL).
Le paiement aux associations est effectué mensuellement par les caisses
d'allocations familiales.
- Conditions
Pour bénéficier de l'aide les organismes doivent être conventionnées par
l'Etat (conventions annuelles). Les locaux concernés doivent répondre à des
normes minimales de confort (logements, chambres d'hôtel, logements-foyers, à
l'exception de locaux précaires)
4 - Résidences sociales
Elles accueillent des ménages disposant de ressources limitées, qui ont besoin
d'un logement transitoire en raison de difficultés d'accès ou de maintien dans
un logement ordinaire
- Intitulé budgétaire :
Prêt locatif aidé (PLAI) : chapitre 65-48- 10 du budget du Ministère de
l'Equipement, des Transports et du Logement
Les résidences sociales bénéficient pour leur construction d'aides à la
pierre, et plus particulièrement du PLAI et de subventions de l'Etat à taux
majoré, dans la limite de 20 % du coût de l'opération, en construction, comme
en acquisition - amélioration.
Les personnes logées en résidences sociales acquittent une redevance dont une
grande partie est solvabilisée par l'APL
Les gestionnaires des résidences sociales peuvent bénéficient, en outre, d'une
aide à la gestion locative sociale (AGLS) délivrée par les DDASS et destinée à
prendre en compte les surcoûts de la dimension sociale de la gestion locative
occasionnés par la présence de publics en difficulté.
- Conditions
Les revenus des ménages ne doivent pas dépasser 60 % des plafonds de
ressources HLM sauf dérogation du préfet du département.
Les résidences sociales doivent en outre répondre à des conditions de niveau
maximum de redevance et de normes minimales de confort fixées par la
convention APL passée entre l'Etat et le gestionnaire, lequel doit être agréé
pour la gestion de résidences sociales. Pour obtenir l'AGLS, le gestionnaire
doit en outre fournir à la DDASS tous les éléments nécessaire pour faire la
preuve de la mise en place de moyens humains adaptés pour assurer une gestion
locative sociale adaptée à des publics en difficulté.