Instruction du 7 février 2003
relative au contrôle des conditions d'obtention des aides de l'ANAH
Le
Directeur Général à Mmes et MM. les délégués locaux
Organisme gérant des fonds publics, l'ANAH se doit, à ce titre, de définir et
de mettre en ouvre des dispositions permettant de s'assurer du bon usage des
subventions attribuées et d'en rendre compte.
Les décisions attributives de subvention sont prises par les CAH au vu d'une
instruction conduite sous la responsabilité du délégué local qui est, en
outre, chargé de vérifier la justification des travaux subventionnés, de
procéder à la liquidation de la dépense et à l'émission d'une proposition de
paiement de la subvention, enfin de contrôler le respect des engagements
d'occupation souscrits par le propriétaire.
Une politique de contrôle doit donc être définie et mise en ouvre par chaque
délégué et doit lui permettre :
- d'assurer son contrôle hiérarchique et de vérifier la qualité de
l'instruction menée sous son autorité, de vérifier la réalisation des travaux
dans les conditions agréées par la CAH avant de demander à l'Agent Comptable
de payer la subvention,
- de veiller au respect des engagements d'occupation souscrit par les
propriétaires pendant la période de neuf ans à compter de la déclaration
d'achèvement des travaux,
- rendre compte à la CAH et au Directeur général par des bilans annuels
susceptibles d'être produits lors d'inspections internes ou à la demande de la
Cour des Comptes.
Le non-respect des engagements entraîne l'ouverture d'une procédure de retrait
de la subvention, la décision devant être prise par la CAH.
Ce retrait sera suivi d'un reversement de la subvention, au prorata de la
durée de non-respect des engagements.
Cette procédure de retrait-reversement ne constitue pas une sanction au sens
de l'article L.321.2 du CCH, qui ne concerne que les cas de fraude, constatés
par le Comité Restreint, sur demande expresse d'un délégué local.
1°) Contrôle hiérarchique et qualité de l'instruction
En sa qualité d'ordonnateur des dépenses d'intervention par délégation de
pouvoir du Directeur général, chaque délégué local voit sa responsabilité
engagée et peut être amené à répondre de sa gestion, au Directeur général à
travers la mission d'audit-inspection mais également devant la Cour des
Comptes en cas de contrôle de celle-ci. Il lui appartient donc d'intégrer à
ses activités de chef de service, cette dimension particulière qui doit non
seulement le conduire à vérifier le travail de ses agents, mais également à
s'impliquer personnellement dans l'instruction de certains dossiers.
A cet égard, je vous invite à vous référer à la circulaire no 2000.01 relative
à l'instruction et au contrôle des dossiers sensibles qui, tout en donnant aux
délégations les outils indispensables au traitement des dossiers les plus
complexes, insiste sur la nécessaire implication personnelle des délégués.
Les dispositions préconisées dans cette circulaire et reprises au niveau
local, dans les chartes départementales validées par les CAH, sont plus que
jamais d'actualité et donnent les bases sur lesquelles doit être mesurée la
qualité de l'instruction.
Le contrôle ne pouvant porter sur la totalité des dossiers instruits, je vous
recommande, y compris pour les contrôles sur place qui doivent
systématiquement faire l'objet d'une fiche de visite datée et signée, de vous
référer à cette circulaire no 2000.01 et à votre charte départementale.
2°) Contrôle du service fait
La justification du service fait est vérifiée à partir des factures produites
à l'appui de la demande de paiement. Le contrôle de la réalité des travaux ne
peut être fait que sur place, là encore, je vous suggère de le faire porter en
priorité sur les dossiers sensibles et sur les dossiers objet de contentieux
en matière de qualité et de réalité des travaux.
3°) Contrôle des engagements
Là encore le contrôle ne peut porter sur l'intégralité des dossiers traités.
Il est cependant indispensable de diffuser et d'accréditer le fait que l'ANAH,
contrairement à certaines idées reçues, pratique des contrôles d'occupation
des logements réhabilités.
Pour y parvenir, à l'inverse de la sélection ciblée sur les dossiers sensibles
pour la qualité de l'instruction et le contrôle sur place le cas échéant du
service fait, il importe que les contrôles d'occupation portent sur tous les
types de logements réhabilités avec l'aide de l'Agence, qu'ils soient occupés
par les propriétaires ou par des locataires, qu'ils soient conventionnés ou
non.
Un pourcentage de l'ordre de 10 % des dossiers paraît raisonnable, avec un
minimum de 40.
a) Grille de sélection des dossiers
La grille de sélection devrait faire ressortir 50 % des dossiers de
propriétaires occupants et 50 % de propriétaires bailleurs, avec parmi ceux-ci
:
- 1/3 de dossiers à loyers conventionnés
- 1/3 de dossiers sensibles et signalés comme tels dans OPERA (champ dossier
particulier)
- 1/3 de dossiers « lambdas » sélectionnés de manière aléatoire.
Le réseau et notamment les animateurs techniques sont à votre disposition pour
vous assister dans l'élaboration de cette grille en cas de difficultés,
notamment du point de vue informatique.
b) Périodicité des contrôles
Tous les dossiers sensibles, compte tenu de leur faible nombre et de leur
importance, feront l'objet d'un contrôle d'occupation systématique dans la
première année suivant le paiement.
Pour les dossiers autres que sensibles, les contrôles d'occupation connaissent
une efficacité maximale s'ils ont lieu la 4e année après le paiement. En
effet, pour les propriétaires, elle intervient après la tranche de 3 ans du
bail initial et pour les occupants, elle constitue un délai raisonnable pour
s'assurer que le logement réhabilité est bien toujours la résidence principale
du bénéficiaire de la subvention. Enfin, en cas de reversement, celui-ci
porterait sur un prorata d'années suffisamment dissuasif pour les
propriétaires.
Chaque année, la délégation met en ouvre un contrôle portant sur environ 10 %
des dossiers, parmi ceux dont le paiement de la subvention est intervenu à
l'année n - 4, qui s'ajoutent aux dossiers sensibles contrôlés dans l'année n
- 1 (et n - 4 pour ceux retenus dans la grille de sélection).
c) Planning
Le planning retenu pour les contrôles d'occupation qui s'effectuent sur pièce
(avec exceptionnellement enquête de terrain pour vérifier certains dossiers
délicats) pourrait être le suivant :
a) sélection des dossiers
- définition de la grille
- application de celle-ci aux dossiers soldés à l'année n - 4.
b) au 1er avril, envoi aux propriétaires de lettres demandant que soient
fournis sous un mois :
- pour les propriétaires occupants : l'attestation d'assurance de l'occupant (cf.
annexe 1*).
- pour les propriétaires bailleurs : le bail et l'attestation d'assurance du
locataire et, pour les logements conventionnés, le justificatif de ressources
du locataire à l'entrée dans les lieux (cf. annexes 2 et 2 bis*) ;
c) début mai, lettre de rappel avec de nouveau un délai de 15 jours pour
répondre mais en informant le destinataire qu'il n'y aura plus d'avertissement
avant le déclenchement de la procédure de reversement (cf. annexe 3*).
d) courant mai, analyse des réponses
e) juin à juillet, contrôle sur place des dossiers sans réponse
(statistiquement inférieurs à 10 % des dossiers contrôlés).
f) enclenchement de la procédure de retrait - reversement pour les situations
irrégulières.
En cas de retour des courriers N.P.A.I., il vous appartient de rechercher, par
tous moyens (centre des impôts, mairies, subdivisions, DDE...), l'adresse du
propriétaire. En cas d'insuccès, la CAH devra prononcer le reversement. Vous
vous rapprocherez de l'Agence Comptable pour la notification de la lettre de
reversement.
4°) Les bilans
Une telle politique d'instruction et de contrôle des dossiers n'a de valeur
que si elle permet de rendre compte des efforts accomplis et des résultats
obtenus.
La circulaire dossiers sensibles et les chartes départementales prévoient un
bilan annuel, présenté à la CAH et qui doit m'être ensuite adressé, via la
Direction de l'Action Territoriale. Je vous rappelle cette obligation
impérative.
S'agissant du contrôle des engagements d'occupation, ils devront aussi faire
l'objet d'un bilan annuel :
- reprenant la procédure décrite ci-dessus suivie en cours d'année,
- mentionnant le nombre de lettres émises, de réponses, de visites sur
place...,
- faisant état des procédures de retrait et de reversement engagées dans
l'année.
Pour une efficacité maximale des contrôles, il importe d'en assurer la
publicité, aussi je vous engage à diffuser le plus largement possible auprès
de nos partenaires (membres de la CAH, administrations, organisations de
propriétaires et de locataires, agents immobiliers et notaires du
département...) le bilan annuel du contrôle d'occupation.
Le bilan relatif à l'instruction de dossiers sensibles n'a lui qu'une valeur
interne mais devra être produit en cas d'audit de la Cour des Comptes.
SERGE CONTAT