REPONSE MINISTERIELLE - 10 DECEMBRE 2001 SECRETAIRE D'ETAT
AU LOGEMENT
Perspectives de construction de logements sociaux
Question. - M. François Cornut-Gentille attire l'attention de Mme la
secrétaire d'Etat au logement sur la construction de logements sociaux en
France. Dans le numéro daté d'août 2001 de la revue L'Urbanité républicaine du
secrétariat d'Etat au logement, il est indiqué que, en 1993, 100 000 logements
sociaux ont été construits, En 2000, ce chiffre tombe à 42 000. Le secrétariat
d'Etat au logement annonce pour les prochaines années un objectif annuel de
seulement 70 000 logements sociaux, malgré les nombreux besoins de la
population et les exigences de la loi de solidarité et renouvellement urbains.
Il est ainsi noté, dans cette même revue, qu'avec la loi SRU, les pouvoirs
publics disposent d'un outil primordial, tout en observant que 20 % de
logements sociaux sur toute la France ne suffisent encore pas pour répondre
aux demandes. Aussi peut-on légitimement s'étonner du manque d'ambition des
objectifs quantitatifs annoncés par le secrétariat d'Etat au logement en
matière de construction de logements sociaux. En conséquence, il lui demande
d'expliquer la faiblesse de l'objectif quantitatif ainsi fixé.
Réponse. - L'insuffisance de la production de nouveaux logements
locatifs sociaux observée ces dernières années a bien entendu fortement
préoccupé le Gouvernement car elle ne correspond pas à la réalité des besoins
dans notre pays. Cette sous-consommation paraissait due à trois types de
causes : un mécanisme financier ne permettant plus l'équilibre financier des
opérations pour les organismes constructeurs ; la réticence de certains
maîtres d'ouvrage qui se sont davantage concentrés sur la gestion de leur
patrimoine ainsi que celle des collectivités locales à accueillir du logement
social ; des difficultés supplémentaires apparues au cours de l'année 2000 :
hausse des coûts de construction et revalorisation du taux du livret A, qui a
entraîné une augmentation du taux des prêts accordés par la CDC aux organismes
pour la réalisation des PLUS. Face à cette situation, le Gouvernement a réagi
vigoureusement en élaborant un plan de relance du logement social :
1. Une amélioration des conditions de financement budgétaire du PLUS.
Des l'été 1999, un produit financier nouveau, le «Prêt locatif à usage social»
(PLUS), a été institué, plus créateur en lui-même de mixité sociale et plus
solvabilisateur, car systématiquement accompagné d'une subvention, et dont la
durée du prêt peut être portée à 50 ans pour la partie foncière. Il est
assorti d'un niveau de loyer correspondant à 90 % de l'ancien loyer PLA, soit
un niveau analogue au plafond de l'APL. Ce dispositif a été renforcé par le
décret du 18 avril 2001 qui a procédé à une nouvelle amélioration des
conditions de financement du locatif social par : une réévaluation des valeurs
de base de 10 % pour l'ensemble des opérations afin de les remettre en
cohérence avec les prix de revient réels ; une augmentation des taux maximum
de subvention ponant sur un quart des opérations ainsi que de la part de la
surcharge foncière finançable (pouvant aller jusqu'à 60 % du dépassement).
2. Une mobilisation de la PEEC (1 %) sous forme d'un concours
privilégié de 1 milliard de francs par an de 2001 à 2003, destiné à améliorer
1'équilibre économique de certaines opérations.
3. Une mobilisation des communes grâce à l'article 55 de la loi no
2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement
urbains (SRU) qui vise à mieux faire prendre en compte par les communes
l'impératif de répartition équilibrée du logement soccial sur le territoire de
leur agglomération.
4. La redéfinition du prêt pour la location social (PPLS), désormais
ouvert à tous les maîtres d'ouvrage, qui a pour vocation de financer des
opérations correspondant à des niveaux de loyers et de ressources supérieurs
au PLUS, dans les zones à marché tendu.
L'objectif fixé pour l'année 2001 est une consommation intégrale des moyens
mis à disposition des services. Les informations disponibles à ce jour
permettent de penser que cet objectif sera atteint et que 50 000 logements
seront construits en 2001. Les mesures de relance sont d'ailleurs mises en
oeuvre pour l'essentiel (90 % de la programmation 2001) dans le cadre de
contrats locaux de relance signés entre l'Etat et les organismes HLM.
Le projet de loi de finances pour 2002 prévoit pour la ligne fongible une
dotation de 457 357 MF en AP. Cette dotation permettra de financer un
programme physique d'environ 55 000 logements PLUS, PLA d'intégration et PLS,
tant en neuf qu'en acquisition-amélioration. Il s'agit là d'une première étape
vers une augmentation progressive de l'offre de nouveaux logements locatifs
sociaux qui doit s'accompagner de politiques plus actives des collectivités
locales au niveau de l'action foncière et du renouvellement de la partie la
plus obsolète du parc HLM. L'un des principaux freins à la production de
logements sociaux reste aujourd'hui la réticence d'un nombre important d'élus
à la réalisation de telles opérations. Par la loi SRU, le Gouvernement a
instauré une obligation de réalisation pour les communes les plus déficitaires
en logement social. Mais il est clair que, dans la plupart des agglomérations,
un objectif de 20 % de logements sociaux apparaît un minimum et non un
optimum. Il appartient à l'Etat de rendre possibles les opérations et aux élus
locaux de se saisir de ces moyens, et de faciliter, pour ce qui les concerne,
ces mêmes opérations.
François Cornut-Gentille