Réponse ministérielle du 10 mars 2003
relative à la
construction de logements locatifs
sociaux
QE NO : 9221 DU 23/12/2002
JO SENAT DU 10/03/2003
Question.
- M. Laurent Hénart souhaite attirer l'attention de M. le ministre de
l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer sur
l'application délicate de la loi relative à la solidarité et au renouvellement
urbains (SRU) votée par le gouvernement précédent. En effet, il existe de
nombreuses difficultés pour les communes de Meurthe-et-Moselle à appliquer
cette loi, et surtout son article 55 qui demeure très problématique à mettre
en place. Des mesures ont en effet la plupart du temps déjà été prises afin de
favoriser les logements locatifs sociaux en Meurthe-et-Moselle et peut-être
serait-il souhaitable de modifier les dispositions de cette loi afin qu'elle
soit moins astreignante pour les communes. C'est pourquoi il est très utile de
connaître la position du ministre et du Gouvernement sur la question.
Réponse.
- L'honorable parlementaire attire l'attention du Gouvernement, sur les
dispositions de la loi no 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la
solidarité et au renouvellement urbains (SRU) et en particulier sur son
article 55 qui imposent aux communes la réalisation de logements locatifs
sociaux. Il attire l'attention sur les difficultés rencontrées en
Meurthe-et-Moselle pour l'application de ces dispositions, un effort important
ayant été le plus souvent déjà accompli dans ce domaine. Le Sénat a adopté,
dans le cadre d'une proposition de loi, un dispositif qui complète l'article
55 par un dispositif contractuel qui permet aux communes de s'engager sur la
production de nouveaux logements sociaux.
Ce mécanisme suspendrait les prélèvements à priori pour les remplacer par
d'éventuelles sanctions financières a posteriori si la commune n'a pas
respecté ses engagements. Les communes qui ne souhaiteraient pas s'engager de
la sorte resteraient soumises au dispositif actuel de l'article 55. La
proposition de loi sénatoriale prévoit de donner au préfet un pouvoir
d'appréciation encadré pour moduler les engagements de production de logements
sociaux pris par une commune si cette dernière se trouve confrontée à de
réelles contraintes notamment foncières.
De même, elle prévoit de donner aux structures intercommunales la possibilité
de répartir dans le cadre d'un programme local de l'habitat (PLH) les
opérations de construction de logements sociaux entre les diverses communes de
l'agglomération.
Si cette proposition qui prévoit de substituer un dispositif contractuel au
dispositif coercitif existant constitue bien une orientation positive, le
gouvernement sera extrêmement vigilant à ce que le principe de mixité sociale
qui constitue le socle de la solidarité nationale ne soit pas remis en cause.
C'est ce que le Président de la République a annoncé au haut comité pour le
logement des plus défavorisés lorsque ce dernier lui a remis officiellement
son rapport au mois de décembre dernier. C'est à l'aune de cette philosophie
que le gouvernement se prononcera sur toute proposition de modification des
dispositions législatives qui concernent la mixité sociale.
Laurent Hénart