Logements réalisés dans le cadre « du statut du bailleur
privé » dit « Besson » pris en compte dans le décompte des logements locatifs
sociaux
RÉPONSE MINISTÉRIELLE DU 30 DÉCEMBRE 2002
QUESTION : Mme Marcelle Ramonet appelle l'attention
de M. le ministre de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et
de la mer sur les dispositions de l'article 55 de la loi n° 2000-1208 du 13
décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain, dite SRU.
Elle lui rappelle que, sur ce fondement, la loi impose aux communes qui
répondent aux critères définis par la loi la réalisation d'au moins 20 % de
logements locatifs sociaux par rapport à l'ensemble de leurs résidences
principales, sous peine de sanctions financières à compter du 1er janvier 2002 à
raison de plus de 152 euros sur leurs ressources fiscales par logement locatif
social manquant. Elle tient à lui indiquer les limites de la loi sur ce point,
celle-ci ne retenant que des seuils de population et à aucun moment les
contraintes du terrain, des servitudes et des réserves foncières imposées par l'Etat,
ni plus d'ailleurs que la densité de population. Il conviendrait dès lors de
retenir, dans le calcul de la base du nombre de résidences principales de chaque
commune, la non-prise en compte de celles situées dans des périmètres devenus
inconstructibles au titre des polygones de sécurité d'établissements sensibles,
ou de toute autre disposition législative et réglementaire venant limiter la
constructibilité de terrains. Il conviendrait également de prendre en compte
dans la catégorie des logements locatifs conventionnés des logements de type «
Besson » qui sont des logements à loyer modéré et encadré, prévus et favorisés
par le législateur. Elle lui demande son sentiment sur ces différents points et
les intentions du Gouvernement en la matière.
RÉPONSE : L'honorable parlementaire attire l'attention du Gouvernement,
sur les dispositions de l'article 55 de la loi relative à la solidarité et au
renouvellement urbains (SRU) qui prévoient un prélèvement sur les ressources
fiscales des communes de plus de 3 500 habitants tant que l'objectif de 20 % de
logements locatifs sociaux, dont elles doivent disposer, n'est pas atteint. Elle
regrette que la loi ne tienne pas suffisamment compte des difficultés liées aux
contraintes de terrain, de servitudes, de réserves foncières imposées par l'Etat
ainsi que de la densité de population. En particulier, elle suggère que ne
soient pas prises en compte les résidences principales situées dans des
périmètres inconstructibles et que la catégorie de logements réalisés dans le
cadre « du statut du bailleur privé » dit « Besson » soit retenue dans le
décompte des logements locatifs sociaux... L'article 55 de la loi SRU tente
d'apporter une réponse à l'impact des servitudes pouvant rendre partiellement
inconstructible une commune, puisque sont exclues de l'application de cet
article les communes dont plus de la moitié du territoire urbanisé est soumise à
une inconstructibilité résultant d'une zone A, B ou C d'un plan d'exposition au
bruit approuvé en application de l'article L. 147-1 du code de l'urbanisme ou
d'une servitude de protection instituée en application des articles L. 515-8 à
L. 515-11 du code de l'environnement. Sur le deuxième point, il convient de
rappeler que l'objectif de mixité sociale était d'offrir dans les communes ne
disposant pas de 20 % de logements locatifs sociaux, aux ménages à revenus
modestes et moyens, un logement à loyer abordable, de bonne qualité dans un
environnement urbain également de qualité. Il est vrai que les logements
relevant du statut du bailleur privé ne remplissent qu'une partie de ces
conditions puisque le plafond de ressources en vigueur dans ce cadre est plus
élevé de 40 % que celui du plafond du logement social le plus courant (prêt
locatif à usage social) et que les loyers peuvent atteindre plus du double de
celui de ces derniers. Quoi qu'il en soit, les évolutions législatives
actuellement en débat au Parlement devraient, dans le respect du maintien de
l'objectif de mixité sociale, ouvrir la possibilité aux communes qui le
souhaitent de s'inscrire dans un engagement contractuel de réalisation de
logements locatifs sociaux, engagement qui suspendrait, pendant sa durée, le
prélèvement prévu par la loi.