Novembre
Note n° 2002-21 du 14 novembre 2002 : Exigence d'un plan de financement des demandeurs d'aides de l'ANAH pour vérification du plafond de la dépense subventionnable (mise en oeuvre du principe de l'écrêtement des aides publiques - art. R. 321-18 du CCH)
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NOR : EQUU0210224N
A Mesdames et Messieurs les délégués locaux de l'ANAH (copie aux délégués régionaux animateurs techniques, membres du comité de direction, membres de la mission audit inspection).
La production d'un plan de financement par le demandeur afin de vérifier que les aides versées par l'Agence ne dépasse pas un plafond de 80 % (ou 100 % dans certains cas dérogatoires) du montant de la dépense subventionnable a suscité un certain nombre de difficultés dans les délégations qui me conduisent à vous apporter des précisions et donner les instructions suivantes :
Le montant à prendre en compte pour la détermination du seuil de 80 % ou 100 % est le montant hors taxe du coût prévisionnel total de l'opération (travaux + diagnostics et honoraires de maîtres d'oeuvre le cas échéant).
(Il ne s'agit pas des seuls travaux finançables par l'ANAH).
La preuve pour vérifier l'application des seuils est rapportée par la fourniture d'un plan de financement établi sous la responsabilité du demandeur qui atteste de sa véracité en le signant.
L'aide de l'ANAH est à considérer au sens large, c'est-à-dire subvention sur travaux + prime + majoration le cas échéant (X + X par exemple).
Constituent des aides publiques directes, au sens de l'article R. 321-17, les subventions de l'Etat, des collectivités territoriales, de leurs établissements publics à caractère administratif (EPA) et la Communauté européenne. Ne sont donc pas à prendre en compte les aides à caractère social (CAF, caisses de retraite) ni les aides d'entreprises publiques (EDF) ni celles d'établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC).
Il est précisé que les Agences de l'eau sont des EPA ; leurs aides sont donc à considérer comme des aides publiques. De même, bien que de statut EPIC, l'ADEME est à prendre en compte dans les aides publiques dans la mesure où ses concours financiers sont exclusivement, comme l'Agence, à caractère public ; en tout état de cause, les interventions de l'ADEME en faveur du logement des particuliers sont extrêmement limitées (solaire, thermique, insonorisation des riverains des aéroports principalement).
L'écrêtement éventuel est à opérer au moment du paiement du solde de la subvention.
Conditions de mise en oeuvre
Exigence d'un plan de financement
Conditions d'engagement
Même si des plans de financement sont fournis au moment du dépôt du dossier, la mise en oeuvre des conditions d'écrêtement ne doit pas intervenir à ce stade. Néanmoins, si un plan de financement probant est fourni au moment du dépôt du dossier, le montant engagé pourra tenir compte de son éventuel écrêtement.
La lettre type de notification de l'engagement sera modifiée ultérieurement afin d'informer le bénéficiaire de l'éventualité d'une réduction du montant de la subvention octroyée en application de la règle de l'écrêtement.
Conditions de l'écrêtement
Le respect du seuil de 80 % ou 100 % des aides publiques est apprécié préalablement au paiement sur la base du plan de financement fourni par le bénéficiaire en appliquant le taux (80 % ou 100 %) au coût final de l'opération hors taxe déclaré par le demandeur dans ledit plan de financement. Quelles que soient les conditions d'apport des collectivités locales, l'ANAH applique les règles d'écrêtement ci-après définies.
Le plan de financement devra être produit par le demandeur à l'appui de la demande de paiement.
Cas dérogatoires d'écrêtement à 100 % (art. 11 du RGA)
Le seuil d'écrêtement est porté à 100 % dans les cas de travaux réalisés :
Dans ce septième cas, il s'agit actuellement des travaux d'isolation ou d'élimination des peintures au plomb et des travaux d'accessibilité et d'adaptation de l'immeuble ou du logement aux personnes handicapées réalisés par des propriétaires occupants. Tous les propriétaires occupants bénéficiaires des aides de l'agence sont concernés et non les seuls propriétaires occupants très sociaux (l'instruction du 21 décembre 2001, n'a plus lieu d'être appliquée sur ce point). Pour les modalités d'application en cas de pluralité de taux cf. paragraphe suivant sur les cas particuliers. En revanche, pour les propriétaires bailleurs qui réalisent des travaux relevant des interventions à caractère social, le seuil de l'écrêtement est de 80 % à moins que le logement ne relève d'un autre cas d'écrêtement à 100 %.
En cas de pluralité de taux de subvention pour une même opération, mettant en oeuvre de règles différentes d'écrêtement, le calcul de l'écrêtement se fait sur le coût total de l'opération hors taxe, indépendamment des modalités de calcul de la subvention.
Le seuil d'écrêtement à retenir (80 % ou 100 %) est déterminé de la manière suivante :
Modalités pratiques d'écrêtement dans OPERA
Dans l'attente d'une modification du logiciel OPERA, l'écrêtement est à réaliser d'abord sur le montant de primes s'il y en a, le cas échéant sur le montant de la majoration x + X et, à défaut, exceptionnellement et dans l'attente d'une modification d'OPERA, par une modification de l'assiette de la subvention.
Si le montant de primes est réduit, ce qui devrait être possible dans un grand nombre de dossiers, il suffit de préciser le décompte sur la fiche de calcul paiement, comme il est préconisé actuellement en cas de pluralité de primes sur une même ligne. Dans l'hypothèse de la nécessité de recourir à une réduction ou suppression de la majoration ou à une modification des modalités de calcul de la subvention, la fiche de calcul sera annotée manuellement de l'écrêtement réalisé.
Si l'opération subventionnée a exigé la création dans OPERA de plusieurs dossiers, l'écrêtement sera opéré sur un seul dossier.
Pièces à fournir au paiement : Une copie du plan de financement est à produire à l'appui de l'ordre de paiement concernant le solde.
En cas de pluralité de dossiers pour la même opération (cf. ci-dessus), une copie du plan de financement global sera jointe à l'appui de chacun des ordres de paiement des dossiers concernés, en indiquant manuellement sur chacun d'eux le numéro de(s) autre(s), ce qui permettra à l'agence comptable de connaître le dossier sur lequel a été pratiqué si nécessaire l'écrêtement.
J'espère que ces précisions répondront à une majorité de questions que vous vous posiez. Je vous demande de faire remonter à la direction des affaires juridiques celles qui demeureraient sans réponse ou qui se poseront, en les illustrant par des cas concrets et en indiquant dans la mesure du possible s'il s'agit de cas courants ou limités, de façon à mieux cerner le problème et rechercher la solution la mieux adaptée.